Tirer profit

Le mot Pwofitasyon a été utilisé lors des manifestations sociales de janvier à mars 2009 en Guadeloupe. Plus de cinquante organisations issues de la société civile, culturelle, syndicales et politique se sont regroupées pour constituer une force de dénonciation des profits réalisés et contre la cherté de la vie.

La période de crise sociale de 2009, avec ses blocages ont permis de mettre en évidence près de 146 point de revendications qui permettraient d’améliorer les conditions de vie des Guadeloupéens.

Une définition que l’on pourrait donner du coup du mot créole Pwofitasyon, serait tirer profit de quelque chose ou de quelqu’un.

Toute la société économique et commerciale est basée sur le profit, la croissance des ressources.

Peut-on tirer profit ou pouvons-nous faire prospérer nos affaires ?

Je me suis intéressé un instant au sujet et me suis dit que la nature elle-même nous enseigne.

Certains d’entre nous plantons des arbres fruitiers ou cultivons la terre afin qu’elle produise de quoi nous alimenter. Nous tirons ainsi profit du fruit de notre travail, c’est donc une juste rétribution de notre activité.

Dans le fond, nous pouvons dire que le fait de tirer profit du sol n’est pas mauvais en soi et constitue une simple activité nous permettant de répondre à un besoin d’alimentation.

À quel moment passons-nous dans la Pwofitasyon ? 

À mon sens, c’est quand le manque d’humilité nous a envahi. Remarquons bien, dans le fond, l’agriculteur, celui qui met en terre, ne fait que planter, mais la croissance du plant et les fruits qu’il produit ne relève d’aucune de ces actions, si ce n’est à certain moment d’arroser quant le ciel ne s’en charge déjà.

Dans d’autre domaine également, nous pouvons être amenés à tirer profit de situation au détriment des autres.

L’Apôtre Paul, s’adressant aux Corinthiens, disait qu’il n’avait aucune raison de s’élever ou s’enorgueillir, puisqu’il avait vécu et vu des choses qui relevaient des réalités spirituelles dont il lui était interdit de parler. (Cf. 2 Corinthiens 12)

Il dit d’ailleurs à ce sujet qu’il aurait pu en profiter par fourberie, par ruse, mais a préféré s’humilier plutôt que d’en tirer profit.

Je me permets de rebondir sur ce sujet, de nombreux, que dis-je, trop nombreux dirigeants de communauté s’octroie certains privilèges et droits de tromper et tirer profit de leur connaissance des écritures. Là encore une fois, il ne s’agit aucunement de jugement, mais de constat.

Il en est de même pour chacun de nous et moi, le premier. Les dons, talents que Le Tout-Puissant Dieu nous donne, peuvent nous permettre de vivre, mais aucunement d’exploiter, asservir et profiter de la confiance que les autres mettent en nous.

Si Dieu nous permet d’être des leaders, c’est tout d’abords pour servir et non pas pour se servir.

C’est dans ce sens que Saint-Paul dit en 2 Corinthiens 12.17 :

Me suis-je enrichi à vos dépens par aucun de ceux que je vous ai envoyés ?

Nous avons la responsabilité d’utiliser, ce que Le Seigneur nous donne, quitte à en faire commerce s’il le faut, mais jamais de s’en servir pour exploiter l’autre ni profiter de sa confiance ou ses faiblesses. Nous devons, comme l’apôtre, nous humilier et nous mettre au service de l’autre.

2 Corinthiens 12.17